City Mood Arles avec Julia Mitton 

Chaque voyage est une source d’inspiration illimitée : on s’immerge dans la culture locale, on admire le savoir-faire d’un artisan, on s’émerveille devant les couleurs d’une petite rue, on découvre des trésors cachés...Partons explorer ces villes chargéesd’authenticité, d’énergie, à la créativité débordante. Suivons les pas d’artisans, d’entrepreneurs, ou d’artistes passionnés, des personnalités locales, engagées, qui font rayonner leur ville au quotidien. 

Arles est une ville singulière du sud-est de la France, qui ne cesse de fasciner ses visiteurs depuis plus de 2000 ans. Terre au croisement de différentes civilisations, son effervescence culturelle la rend aujourd’hui plus actuelle que jamais. C’est à travers les yeux de l'entrepreneuse canadienne Julia Mitton, co-fondatrice du restaurant arlésien Chardon, que nous découvrons un Arles intimiste et authentique. Elle nous raconte avec une énergie débordante son coup de foudre pour la ville antique.

Julia, pouvez-vous vous présenter et nous raconter la genèse de Chardon ?

L’histoire de Chardon a commencé en 2016 avec mes associés Laura Vidal, sommelière, et Harry Cummins, chef. Lors d’un passage à Fès, nous avons rencontré Anne Higou, l’ancienne propriétaire de l’hôtel mythique Nord Pinus, qui nous a invités à investir son restaurant pour une résidence d’été. À l'époque, aucun de nous ne connaissait Arles ! Mais nous sommes tous les trois tombés immédiatement sous le charme de cette ville magique et avons décidé d’ouvrir notre premier restaurant ici. L’idée était de faire de ce lieu une résidence de chefs pour pouvoir, à notre tour, accueillir des chefs itinérants et nomades dans notre restaurant. Nous voulions entreprendre un projet cohérent avec notre vision, engagé, pour que des chefs venant du monde entier puissent cuisiner les produits de la région et avoir un pied à terre ici. 

Parlez-nous de votre engagement avec les producteurs locaux. Pourquoi consommer local est-ce si important ? 

Pour nous, consommer local est une évidence, d’autant plus que le terroir ici est très riche ! Depuis 2016, nous avons tissé de forts liens d'échanges et de confiance avec les producteurs de la région. Les marchés paysans (qui ont lieu boulevard des lices, tous les mercredi et samedi matins) ont été une grande source d’inspiration et de rencontres pour nous ainsi que pour les chefs en résidence qui partagent notre philosophie. Celle d’être en lien direct avec le produit, de valoriser ce terroir unique et de consommer les produits de saison.

Décrivez-nous cette atmosphère arlésienne, pourquoi avoir choisi Arles pour installer Chardon ?

À Arles, tout le monde se parle très facilement, c’est une ville à taille humaine qui permet une certaine proximité entre les habitants. Dans les petites ruelles du quartier de la Roquette, j’aime beaucoup les anciennes maisons de pêcheurs, la pierre de Fontvieille et les fresques incroyables en terrazzo granito. Il y a aussi la lumière, si particulière ici, qui se reflète au coucher du soleil sur le Rhône et ce bleu pastel que l’on retrouve sur les volets et dans le ciel… C’était donc une évidence d’installer Chardon au milieu de cette atmosphère si inspirante où l’on se sent presque immédiatement chez soi.

Qu’est ce qui rend Arles si unique selon vous ?

Arles contient une très forte concentration de créativité, ce qui contribue largement à sa singularité. Il y a aussi sa situation géographique, au croisement de différentes cultures; andalouses, provençales, gitanes, camarguaises… Cette mixité culturelle la distingue des villes provençales environnantes et la rend magnétique. J’ai l’impression que cette effervescence artistique et culturelle déteint sur chacune des personnes qui passent du temps ici et libère sa créativité. Comme si Arles ouvrait le champ des possibles !

Pouvez-vous nous partager vos adresses arlésiennes fétiches ?

Le matin, je vais au Bazar Café pour leur brunch et leur café de spécialité. J’aime rendre visite à Anne Clergue dans sa galerie, elle a le don de trouver des photographes fantastiques ! Dans le centre ville, je me déplace toujours en Taco & Co, transport en vélo éco-responsable. Je m’arrête souvent à la librairie des Grandes Largeurs qui abrite des tonnes de pépites littéraires. Pour une pause hors du temps et un déjeuner au bord de la piscine, je vais à l'hôtel moderniste des Cabanettes. Le théâtre antique est lieu chargé d’histoire où j’aime me balader et la fondation Luma est à ne pas manquer pour une virée culturelle ! Un incontournable arlésien que j’adore, c’est la librairie et cinéma Actes Sud pour leur sélection de films indépendants extraordinaires. Pour une séance de bien-être assurée, je vais au studio Arles Yoga qui met les voiles à l’espace Croisière pour l’été. Pour dîner, le Gibolin est LE bistrot par excellence, tenu par Brigitte et Luc, deux doyens arlésiens qui concoctent une excellente cuisine de saison… Sans oublier de venir nous rendre visite au Chardon !

Quelle est la meilleure période de l’année pour venir découvrir la ville antique ? 

Le meilleur moment pour visiter Arles reste l’été lors du festival des Rencontres de la Photographie où la ville connaît une réelle effervescence culturelle !